Communiqué de presse
du Rassemblement des associations
de journalistes
Paris, le 19 janvier 2009
Le Rassemblement des associations de journalistes (RAJ), créé le 13 novembre dernier pour faire entendre la voix des journalistes à l’occasion de la tenue des Etats généraux de la presse écrite _ dont ils se sont sentis largement exclus _, déplore des « oublis » fâcheux dans les 94 recommandations émises par les groupes de travail et regrette que les conditions d’application de certaines recommandations demeurent floues, ce qui rend ces dernières inopérantes voire contreproductives.
Parmi les oublis figure l’absence de toute avancée sur la reconnaissance juridique des équipes rédactionnelles, pourtant réclamée unanimement par les organisations syndicales, le Forum des Sociétés de Journalistes et le RAJ. Cet oubli est d’autant plus incompréhensible que la nécessité de reconnaître des droits à la collectivité des journalistes apparaît en filigrane dans d’autres propositions (comme, par exemple, celle qui incite à la signature, dans chaque titre, d’une charte éditoriale entre l’éditeur et la rédaction). Cette reconnaissance juridique de l’équipe rédactionnelle entérinerait le fait qu’une entreprise de presse n’est pas une entreprise comme les autres, car sa finalité dépasse le seul souci de rentabilité.
Le RAJ s’étonne par ailleurs, tout comme le fait Bernard Spitz, coordinateur des Etats généraux, dans sa conclusion, de l’absence de toute proposition concrète portant sur la question cruciale des relations entre actionnaires et annonceurs.
Le RAJ se réjouit de l’idée d’adopter dans chaque titre des chartes éditoriales publiques et transparentes, mais s’inquiète que les modalités d’élaboration et de contrôle de ces chartes ne soient pas précisées. Il considère que seule une instance externe indépendante serait à même de veiller à ce que ces textes soient autre chose qu’un catalogue de bonnes intentions. Le RAJ réitère aussi son souhait d’aller plus loin en matière de refonte des aides à la presse, en conditionnant une partie de ces dernières à l’existence de garanties déontologiques (charte éditoriale, etc.) et de contenus de qualité innovants (de « première main »).
Le RAJ relève enfin avec satisfaction nombre de propositions avancées (l’inutilité de modifier la loi du 30 septembre 1986 sur les seuils de concentration, la préservation du double statut de salarié-auteur des journalistes, le renforcement de la formation continue des journalistes débutants, l’inscription d’un code de déontologie dans la convention collective, etc.).
Le RAJ entend poursuivre sa mobilisation pour que le président de la République entérine, dans sa déclaration finale annoncée ce vendredi 23 janvier, les propositions portées par la profession. Il participera notamment à la session spéciale des Assises du Journalisme, ce mardi 20 janvier à Paris, qui lui semble une prolongation opportune et légitime aux Etats Généraux (voir l’article sur ce thème).