Vendredi 23 janvier, Nicolas Sarkozy livrait enfin ses arbitrages basés en grande partie sur le Livre vert des Etats généraux de la presse écrite. Résultat : une série de mesures d’aides économiques, mais qui laissent de côté beaucoup d’attentes sur la déontologie et sur les conditions de travail des journalistes. Voici la réaction du Raj à ce discours qui annonce dans les semaines proches un projet de loi pour la presse.

Le RAJ prend acte des déclarations du Président de la République lors de ses voeux à la presse, et suite à la remise du Livre Vert issus des EGP. Le RAJ retient de ce discours que le pire a été évité (pas de remise en cause du double statut de salarié-auteur, pas de dérégulation du secteur par la levée des seuils de concentration, pas d’atteinte au statut du journaliste…) mais que l’essentiel a été écarté (la reconnaissance des équipes rédactionnelles, la clarification des rapports entre actionnaires et annonceurs, la création d’un conseil de presse ou d’une instance de médiation…) pour ne privilégier que des solutions économiques. Enfin, de timides avancées ont été proposées afin de lutter contre la crise de confiance du public et le déclin de la qualité éditoriale (chartes éditoriales, code de déontologie rattaché à la convention collective, effort de formation…). Il conviendra de veiller à leur bonne application, même si elles sont très insuffisantes au regard des enjeux.

Le RAJ sera particulièrement vigilant sur les points suivants :

  • Concernant les droits d’auteur, le Président de la République a préconisé l’application du « blanc ». Néanmoins, il nous paraît capital qu’aucune modification sur l’élargissement des cessions d’un titre à celle de groupe n’apparaisse dans le futur projet de loi. Cela reviendrait, entre autres, à une réelle perte de qualité d’information si le même contenu était diffusé sur des titres différents. Nous regrettons par ailleurs que la référence à la création d’un barème minimum de pige pour l’ensemble des journalistes pigistes n’ait pas été retenue. Ceci est un point essentiel pour lutter contre la précarisation dramatique à laquelle ils sont particulièrement exposés.
  • Concernant la reconnaissance juridique des sociétés de journalistes, le RAJ est surpris de constater qu’une nouvelle fois, cette proposition a été écartée avec autant d’a priori. Alors que l’ensemble des organisations professionnelles et citoyennes recommande cette proposition afin de garantir et préserver un dialogue constructif et respectueux entre éditeur et rédaction. Cette question est au cœur des réformes nécessaires à la presse et elle devrait être dans l’esprit de chaque personne qui revendique ou souhaite une réelle qualité d’information et d’indépendance éditoriale.
  • Concernant les aides à la presse, le RAJ regrette le flou des réformes envisagés et rappelle l’importance que ces aides soient non seulement transparentes mais aussi qu’elles encouragent la production éditoriale de première main, élément essentiel lui aussi à une information de qualité.

Le RAJ entend prendre toute sa part dans les initiatives qui seront prises. Il souhaite notamment participer activement au groupe qui doit être constitué afin d’établir le code de déontologie qui sera rattaché à la convention collective.

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